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Train Solaire en Inde

Image du train solaire en Inde.

En Inde, le transport ferroviaire n’est pas un simple détail. Le pays possède le 4ème plus grand système ferroviaire au monde avec 65000 kilomètres de voies. Les chiffres donnent le vertige. Chaque jour, les trains transportent plus de 3 millions de tonnes de fret ainsi que 23 millions de passagers. Le secteur joue ainsi un rôle économique important qui influence la balance énergétique du pays.

Diminuer la consommation de carburant.

Un nouveau train a donc pour objectif de réduire la consommation de diesel et ainsi rendre le réseau un peu plus écologique. Le train est composé de 6 wagons, tous dotés de panneaux photovoltaïques. En pratique, l’électricité produite ne sera pas utilisée pour alimenter la force motrice, mais bien les ampoules des cabines ainsi que les ventilateurs et d’autres systèmes électriques internes au train. L’installation devrait permettre une autonomie pendant 72 heures des installations à bord. Les wagons seront donc toujours entraînés par une locomotive fonctionnant au diesel. Selon les chiffres communiqués à la presse, 9 tonnes de carbone pourront être économisées par panneau solaire chaque année.

Le train à énergie solaire n’est une nouveauté en soi. Mais, dans la majorité des cas, des panneaux photovoltaïques sont installés directement sur leurs toits. Par exemple, en Australie, depuis 2017, à Bryon Bay, le train « red rattle » roule uniquement grâce à l’énergie solaire. Il assure un trajet de trois kilomètres entre le centre-ville et un hôtel situé de la plage. Cet engin est relié à un ensemble de batteries lithium d’une capacité de 77 kWh. Un système est mis en place récupérant environ 25 % de l’énergie utilisée au freinage. Pour les cas de force majeure, un moteur diesel est toujours disponible.

Augmenter l’autonomie des services en cas d’arrêt accidentel.

Cela permet d’avoir une autonomie énergétique sur tout ce qui est éclairage et ambiance lumineuse et aussi de recharger les batteries pendant les arrêts, apportant une autonomie nouvelle qui évitera un certain nombre de pannes qu’on pouvait trouver dans
le passé. (…) Le solaire ne va pas permettre d’apporter toute l’électricité nécessaire, il faudra toujours un complément pour faire fonctionner la traction du train.

En France, une expérimentation de la société Disatech proposait un TER avec des panneaux photovoltaïques fixés au toit et propulsé au diesel. Selon la société Disatech, concepteur des panneaux photovoltaïques fixés au toit du TER, celui-ci devait y gagner en confort et en sécurité, notamment en permettant à une rame en panne sur les voies de conserver l’éclairage et la ventilation.

Dans ces différents cas, l’ajout de panneaux photovoltaïque sur ces trains n’apportent qu’un complément en énergie pour des trains en utilisation normal, seul le train australien peut se déplacer uniquement à l’énergie solaire mais seulement sur 3 Km et à une vitesse réduite.

L’alimentation des caténaires via des panneaux solaires.

Depuis quelques mois apparait une approche différente, l’utilisation de l’énergie solaire dans le courant de traction des trains. En effet , le 17 juillet 2019, la compagnie ferroviaire britannique South Western Railway, en collaboration avec l’entreprise Riding Sunbeams, a présenté son projet de train à traction solaire. Baptisé « First Flight », ce programme va être testé à partir du mois d’août.

Concrètement, 135 panneaux solaires fixes, au sol et à proximité de la gare ferroviaire vont être installés pour alimenter directement des voies ferrées électrifiées. Le projet pilote va être testé en gare d’Aldershot, dans le sud-est de l’Angleterre à partir du mois d’août. Il a pour objectif de répondre à deux ambitions : réduire les émissions de gaz à effet de serre et faire baisser les coûts d’exploitation des trains.

« Le projet « First Flight » prévoit d’utiliser une technologie très différente. Concrètement, les panneaux solaires ne seront pas sur le train mais à proximité de la gare et directement connectés aux panneaux. Des parcs solaires vont être installés dans des hangars ferroviaires. Ils seront connectés aux « sous-stations » au bord de la voie, où les trains puisent leur électricité.

Le premier objectif de ce projet est de réduire les émissions de gaz à effet de serre, et leurs effets néfastes sur l’environnement. Dans un second temps ce projet devrait également permettre de réduire les coûts relatifs à l’exploitation des trains en puisant directement son électricité dans l’infrastructure existante. Le tout en utilisant des sources d’énergies renouvelables disponibles et pouvant être développées pour d’autres trains par la suite. Si d’autres projets de trains solaires existent et fonctionnent, c’est la première fois que l’alimentation en énergie solaire se fait de manière directe via les voies ferrées.

Et la SNCF ?

De son côté la SNCF se lance dans un projet similaire via sa filiale SNCF Énergie. SNCF et Voltalia ont signé un contrat d’achat direct d’électricité renouvelable pour 25 ans (Corporate Power Purchase Agreement). Ce contrat porte sur une capacité de 143 MW et devrait couvrir 3 à 4% de la consommation d’électricité nécessaire à la circulation des trains de SNCF Mobilités à l’horizon 2022-2023. L’électricité sera produite par trois centrales photovoltaïques que Voltalia va construire et exploiter d’ici 2022-2023 dans le Gard et le Var. La durée du contrat a permis d’obtenir un niveau de prix « significativement inférieur au marché », indique Mathias Emmerich, directeur général délégué de SNCF Mobilités. La SNCF a « pour ambition d’atteindre 40 à 50 % d’énergies renouvelables dans son mix de consommation d’électricité de traction des trains à l’horizon 2025.

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